Quatre collaborations entre l’industrie et le milieu académique pour accélérer le développement de médicaments au Québec

Dans le cadre de son programme Accès industriel aux plateformes académiques, Médicament Québec investit 1,2 million de dollars afin de soutenir quatre activités de recherche collaborative réunissant chercheurs académiques et entreprises québécoises. Avec les contributions des partenaires industriels, ces activités représentent un investissement total de 2,5 millions de dollars.

Soutenues par le gouvernement du Québec, ces initiatives visent à répondre aux besoins concrets de l’industrie en facilitant l’accès aux expertises, équipements et infrastructures académiques. Au-delà des projets individuels, elles contribueront au développement de capacités structurantes et durables, à la valorisation des infrastructures de recherche et au renforcement des collaborations entre les milieux académique et industriel, au bénéfice de l’écosystème québécois des médicaments et des vaccins.

Les activités financées sont: 

  1. Pr Marc-André Fortin (Centre de recherche du CHU de Québec, Université Laval), Aramis Biotechnologies Inc., et Feldan Therapeutics : Accélérer la production de données scientifiques fiables en nanomédecine grâce à un service de microscopie de pointe pour les entreprises québécoises des secteurs de la vaccinologie et de la pharmacologie.
  2. Pr Peter M. Siegel (Goodman Cancer Institute, Université McGill) et 9Bio Therapeutiques : Une plateforme intégrée de développement des ADC reliant l’ingénierie des anticorps, les attributs critiques de qualité et la performance translationnelle pour l’écosystème biotechnologique du Québec.
  3. Pr Grégoire Leclair (Université de Montréal) et Medisca Pharmaceutique Inc :
    Vers une autonomie pharmaceutique durable : structuration et standardisation des préparations magistrales au Québec.
  4. Pr Marc-André Legault (CHU Sainte-Justine), Groupe Sorintellis Inc. et Vantage Biotrials Inc. : Intelligence artificielle pour l’optimisation des protocoles et du design des essais cliniques.

Voici les descriptions plus détaillées des activités de recherche financées:

 

 

Marc-André Fortin, Ing., PhD, Professeur titulaire, Département de Génie des Matériaux, Faculté de Sciences et de Génie, U.Laval ; CR-CHUQ-UL

Accélérer la production de données scientifiques fiables en nanomédecine grâce à un service de microscopie de pointe pour les entreprises québécoises des secteurs de la vaccinologie et de la pharmacologie.

Le développement rapide des nanomédicaments, notamment en vaccinologie, en thérapie génique et en délivrance ciblée de médicaments, crée des besoins croissants pour des méthodes capables de caractériser avec précision des nanoparticules extrêmement petites et fragiles. La cryomicroscopie électronique à transmission (cryo-MET) permet de les observer à très haute résolution tout en préservant leur structure, mais son adaptation aux besoins de l’industrie demeure complexe. Elle demande d’acquérir rapidement un grand nombre d’images représentatives et d’analyser de façon robuste des centaines de nano-objets aux tailles, formes et structures parfois très variées. Cette dernière étape repose sur des approches numériques avancées, pouvant inclure l’apprentissage machine et l’intelligence artificielle.

Le projet vise à développer un continuum d’analyse cryo-MET spécifiquement adapté aux produits de la nanomédecine, de la préparation optimale des échantillons à l’acquisition et à l’analyse quantitative des images, notamment grâce à des approches numériques avancées. Le service permettra de produire plus rapidement des données scientifiques robustes sur la taille, la forme et la structure des nanoparticules afin de soutenir leur développement et leur caractérisation réglementaire. Une fois développé, il sera accessible à l’ensemble des entreprises et équipes académiques québécoises œuvrant en nanomédecine.

Partenaires

  • Aramis Biotechnologies inc.
  • Feldan Thérapeutiques Inc.
  • Sachiko Sato, Université Laval et Centre de recherche du CHU de Québec–Université Laval
  • Masahiko Sato, Université Laval et Centre de recherche du CHU de Québec–Université Laval

Cette activité bénéficie du soutien du Gouvernement du Québec par l’entremise de Médicament Québec, qui y investit 300 k$. À cette contribution s’ajoutent 200 k$ provenant de partenaires industriels, pour un investissement total de 500 k$.

 


 

Peter M Siegel, Professeur, Département de médecine, Université McGill ; Goodman Cancer Institut
Une plateforme intégrée de développement des ADC reliant l’ingénierie des anticorps, les attributs critiques de qualité et la performance translationnelle pour l’écosystème biotechnologique du Québec

Les anticorps conjugués à des médicaments (ADC) combinent la capacité d’un anticorps à cibler les cellules cancéreuses à un agent thérapeutique puissant. Malgré leur potentiel important en oncologie, leur développement demeure complexe, long et coûteux, notamment parce que plusieurs caractéristiques déterminant leur efficacité, leur sécurité et leur fabricabilité sont encore évaluées par essais successifs relativement tard dans le processus.

Le projet vise à développer une plateforme intégrée de conception et de développement des ADC reliant la modélisation computationnelle à la caractérisation analytique, aux tests biologiques et à l’évaluation translationnelle. En évaluant plus tôt les attributs critiques qui influencent la performance des ADC, la plateforme permettra de mieux sélectionner et prioriser les candidats prometteurs, de réduire les approches par essais-erreurs et d’accélérer leur progression vers le développement clinique. Conçue comme une ressource partagée, elle mettra en commun des expertises et infrastructures complémentaires et sera accessible aux chercheurs et compagnies biotechnologiques du Québec.

Partenaires

  • 9Bio Thérapeutiques
  • Pierre Thibault, Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC), Université de Montréal
  • Frédéric Couture, TransBIOTech

Cette activité bénéficie du soutien du Gouvernement du Québec par l’entremise de Médicament Québec, qui y investit 300 k$. À cette contribution s’ajoutent 250 k$ provenant de partenaires industriels, pour un investissement total de 550 k$.

 


 

 

Grégoire Leclair, Professeur titulaire, Faculté de pharmacie, Université de Montréal
Vers une autonomie pharmaceutique durable : structuration et standardisation des préparations magistrales au Québec

 

Les préparations magistrales permettent aux pharmaciens de répondre aux besoins de patients lorsqu’un médicament commercial est indisponible ou inadapté, notamment en pédiatrie, en maladies rares ou lors de pénuries. Leur utilisation à plus grande échelle demeure toutefois limitée par le manque de données de stabilité robustes, de méthodes standardisées et de pratiques harmonisées.

Le projet vise à mettre en place un cadre provincial pour la validation, la standardisation et le déploiement des préparations magistrales. Huit études de stabilité permettront de générer des données robustes et de développer des méthodes transférables pour des besoins prioritaires en pédiatrie, en dermatologie et en gestion de la douleur. Les formulations validées pourront ensuite être intégrées au répertoire Magistrales Standardisées au Québec (MSQ) afin d’en favoriser l’adoption dans le réseau de la santé. Cette nouvelle capacité contribuera à renforcer les chaînes d’approvisionnement locales et la résilience du système de santé québécois, notamment en contexte de pénurie.

Partenaires

  • Medisca Pharmaceutique Inc.
  • Gaëlle V. Roullin, Faculté de pharmacie, Université de Montréal
  • Mihaela Friciu, Faculté de pharmacie, Université de Montréal

Cette activité bénéficie du soutien du Gouvernement du Québec par l’entremise de Médicament Québec, qui y investit 300 k$. À cette contribution s’ajoutent 160 k$ provenant de partenaires industriels, pour un investissement total de 460 k$.


 

 

Marc-André Legault, PhD, Professeur adjoint, Faculté de pharmacie, UdeM et chercheur, Centre de recherche Azrieli du CHU Sainte-Justine.
Intelligence artificielle pour l’optimisation des protocoles et du design des essais cliniques

 

Le développement de nouveaux médicaments demeure un processus long, coûteux et à haut risque d’échec. Parmi les nombreux facteurs qui influencent la réussite d’un programme clinique, la conception des essais et leur faisabilité opérationnelle jouent un rôle important. Pourtant, certaines contraintes rencontrées sur le terrain peuvent être difficiles à anticiper au moment de concevoir les protocoles.

Le projet vise à développer des outils d’intelligence artificielle permettant d’optimiser la conception des essais cliniques et d’identifier plus tôt les risques opérationnels. En combinant des données industrielles détaillées provenant de 13 700 études cliniques à des expertises québécoises en intelligence artificielle et en inférence causale, l’équipe développera deux approches complémentaires : un outil capable de proposer des modifications aux protocoles afin d’en améliorer la faisabilité et les chances de succès opérationnel, ainsi qu’un système d’IA agentique permettant d’identifier les risques et de proposer des stratégies pour les atténuer.

Développés et validés en collaboration avec des partenaires industriels, ces outils seront conçus pour répondre aux besoins concrets des acteurs du développement pharmaceutique et pourront être intégrés aux processus de conception et de planification des essais cliniques. Le projet contribuera ainsi à renforcer les capacités québécoises à l’intersection de l’intelligence artificielle et du développement clinique, tout en favorisant les collaborations entre les milieux académique et industriel.

Partenaires

  • Groupe Sorintellis
  • Vantage BioTrials
  • Pr Audrey Durand, Département d’informatique et de génie logiciel, Université Laval
  • Pr Mireille Schnitzer, Faculté de pharmacie, Université de Montréal

 

Cette activité bénéficie du soutien du Gouvernement du Québec par l’entremise de Médicament Québec, qui y investit 0,3 M$. À cette contribution s’ajoutent 0,7 M$ provenant de partenaires industriels, pour un investissement total de 1 M$.